Cauchemar

Cauchemar

Il fait froid, le ciel est gris, il commence à neiger. Sur le pont de l’Europe, entre la France et l’Allemagne, des réfugiés -enfants, femmes, hommes – se dirigent à pied vers la France. Côté français du pont, un cordon de policiers. Derrière eux, une furie blonde se déchaîne, ne les laissez pas passer! A l’adresse des réfugiés, elle crie, retournez chez vous, il n’y a pas de place en France. Derrière la blonde furie, un petit homme gesticule et vocifère, n’écoutez pas cette femme. Elle n’a pas d’expérience, MOI , je suis expert pour tout rater; ce pont il faut le nettoyer au Kärcher…

 Les réfugiés s’arrêtent, des enfants pleurent, puis tous repartent vers le côté allemand. Là, un autre barrage de police et un homme venu de Bavière qui dit représenter « l’union sociale chrétienne » tient le même langage que la furie française. Union, oui si vous êtes tous derrière moi; sociale? oui, mais pas pour tous, chrétienne? une étiquette usurpée.

Voici les réfugiés  sur ce pont entre deux pays, refoulés de part et d’autre. Alors un réfugié parle à ses frères et soeurs, « nous voici, Afghans, Syriens, Irakiens, Libyens, rejetés par ceux qui disaient que leurs pays étaient démocrates, tolérants, que celui qui croyait et celui qui ne croyait pas pouvaient vivre ensemble. Mensonges que tout cela! Il ne nous reste qu’à mourir dignement en nous jetant dans le Rhin »

 N’était-ce qu’un mauvais rêve.?

Mes amis, j’ai peur. L’Europe renie ses valeurs. Que devient la France, notre douce France?

Jean Gaspar – 28/11/15