Notes de la séance décembre 14

Notes de la séance décembre 14

– 13 décembre 2014 : Cercle fil rouge (guerre et paix) / Thème : reconcilier – s’adapter

Le thème de cet échange de vues gravitera autour de la religion et les minorités non-intégrées ; en particulier sur les différences basées sur la race, la nationalité, le sexe, la classe sociale, etc. Nous réfléchirons sur les principes d’une «tolérance pour tous».

*Texte de référence : »L’étranger : de l’ennemi à l’allié » par Raphaël Picon / cahier du n° 262 – oct 2012

La réflexion sur notre relation aux étrangers ne relève pas seulement du champ social et politique. Elle nous concerne spirituellement. Elle renvoie à nos systèmes de convictions, aux représentations que nous nous faisons de nous-mêmes, à notre manière de parler de Dieu et de penser la foi. La question qui nous intéresse ici est de savoir en quoi l’Évangile peut modifier le regard que nous portons sur ceux qui nous sont étrangers et, plus encore, comment sa proclamation, sa prédication, peut susciter une solidarité à l’égard d’autrui ?

http://www.evangile-et-liberte.net/2014/03/letranger-de-lennemi-a-lallie/

L’introduction à l’article de Raphaël Picon est notre référence de départ pour axer nos échanges.  Ce texte pose la question de notre engagement spirituel sur ce rapport à l’étranger. Il met l’accent sur l’évangile dans sa fonction d’éducation, pointe du doigt ces nombreux passages qui relatent de diverses rencontres avec des étrangers, et ces rencontres ont pour but de nous ébranler, de nous renouveller dans notre appréhension du monde et de notre foi. Ces rencontres nous mettent face à des histoires, des identités, des personnes différentes de ce que nous sommes. Les évangiles utilisent ces outils que sont les témoignages, ce sont des histoires, des cultures, des êtres humains qui ne sauraient être réduits à l’etat d’objets comme l’a dénoncé en son temps la grande philosophe Hannah Arendt.

 

Aujourd’hui samedi 11 décembre 2014, nous fêtons un anniversaire- à un jour prés – et nous faisons  lecture du discours de Martin Luther King lors de sa réception du prix Nobel le 10 décembre 1964.

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20141209103244/

Nous dénonçons avec cette même vigueur qui fut la sienne la mise à part d’autrui. Il y a des différences culturelles, physiques, géographiques, sociales, politiques, religieuse mais il n’y a qu’une seule race humaine que l’on soit blanc, noir, jaune de peau, vivant dans l’extrême sud-est du monde, en Europe, au Etats-Unis, athée ou croyant, fils ou fille d’esclave ou de prince. Nous avons noté le courage et l’ardeur de Martin Luther King qui n’utilisait que la non violence pour combattre l’injustice et dans ce texte même la grande ouverture à tous (bien que, en tant que pasteur, son vocabulaire soit marqué par sa culture biblique, l’évocation de Dieu n’est pas ici explicite et donc ouvre le rassemblement à tous ceux que cette lutte tient à coeur). Nous avons aussi admiré son refus de l’abandon au désespoir et son véritable courage d’affirmer son espoir en l’humanité.

Pour conclure cette séance, lecture fut faite d’une prière datée de ce même jour du 10 décembre 1964, où l’on retrouve les même lignes directrices du discours de d’Oslo :

Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance de la Bonne Nouvelle, j’affirme avec audace ma foi en l’avenir de l’humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de croire que l’être humain n’est qu’un fétu de paille ballotté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité d’influencer en quoi que ce soit le cours des événements.
Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent que l’homme est à ce point captif de la nuit sans étoiles, du racisme et de là guerre que l’aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.
Je refuse de faire mienne la prédication cynique que les peuples descendront l’un après l’autre dans le tourbillon du militarisme vers l’enfer de la destruction thermonucléaire.
Je crois que la vérité et l’amour sans condition auront le dernier mot. La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort. Je crois fermement que, même au milieu des obus qui éclatent et des canons qui tonnent, il reste l’espoir d’un matin radieux.        .
J’ose croire qu’un jour tous les habitants de la terre pourront recevoir trois repas par jour pour la vie de leur corps, l’éducation et la culture pour la santé de leur esprit, l’égalité et la liberté pour la vie de leur cœur.
Je crois également qu’un jour toute l’humanité reconnaîtra en Dieu la source de son amour. Je crois que la bonté salvatrice et pacifique deviendra un jour la loi.  Le loup et l’agneau pourront se reposer ensemble, chaque homme pourra s’asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et personne n’aura plus de raison d’avoir peur.
Je crois fermement que nous l’emporterons.


Pour renforcer notre discussion à propos des prétendues races humaines voici un documentaire particulièrement éloquent :

https://www.dropbox.com/s/u6y16chp1cfmsnp/Comprendre%20les%20origines%20du%20Racisme.mp4?dl=0